Archéologie: les traces de 600 ans d'histoire du bonheur en France.
Et ce, à travers la vie des 20 générations de français, allemands et américains ayant vécu ici.
Vous ne découvrirez rien de très spectaculaire. Tout juste le témoignage de familles ayant cherché de multiples manières à être heureux dans la simplicité.
"Comme les gens heureux, cette maison n'a pas d'histoire".
Cette devise de la maison, transmise de génération en génération, nous a été léguée par le dernier maraîcher du Bois-Briand. C'est vrai, aucune trace de violence, ici, pas de meurtre, de bataille, de vengeance. Les seules traces que vous découvrirez aujourd'hui sont celles du bonheur. Le bonheur des centaines de personnes qui sont nées, ont vécu et se sont éteintes paisiblement dans cette belle demeure.
Vous avez, sans-doute, comme nous, visité bien des musées de la guerre, le musée des conquêtes de tel ou tel tyran célèbre (tuez une personne, vous êtes un meurtrier; tuez-en deux millions, vous êtes un conquérant). Mais, sans doute, comme nous avez-vous regretté de ne jamais rencontrer les traces du savoir-faire des hommes en matière de bonheur. Bien sûr il y a les musées d'art et traditions populaires. Mais ceux-ci sont souvent orientés vers la description des techniques de travail; plus que vers la mise en valeur des savoir-faire et savoir-vivre orientés vers l'atteinte du bonheur.
Notre tentative est bien ambitieuse sur le fond et manque de références auxquelles se raccrocher.
Nous sommes donc à l'écoute de toute suggestion pour faire de cette petite entreprise familiale une source de bienfaits pour vous-même et chacun de nos visiteurs.
Pas de trace de bataille ou de meurtre dans l'histoire de Bois-Briand. On voit, par contre, Louis Charette de Bois-Briand fonder en 1675 le rameau Charette de la Contrie dont est issu le général, héros des Guerres de Vendée.
Antoine de Brénezay, maire de Nantes en 1593, en fait sa résidence comme Pierre Le Meneust, Président de la Chambre des Comptes de Bretagne en 1699; on y crée des fleurs (la rose Marie-Claire), de la musique, de la peinture (la poétesse d’origine américaine Laure de Marolles y termina sa vie en 1829 entre sa harpe et son chevalet).
Nous avons retrouvé les noms de propriétaires de la maison. Les plus anciens vivaient en 1405 ici, sur les bords de la Loire. La maison a donc été construire au début du XVème siècle. Témoigne de cette période la partie sud du bâtiment. Deux coussièges au premier étage, près de la tourelle. Deux autres coussièges de part et d'autre de l'ancienne lucarne située au deuxième étage dans la chambre sud-ouest. Deux autres, enfin, se retrouvent dans la même pièce de part et d'autres de l'ancienne lucarne nord. La cheminée de la cuisine date aussi du XVème siècle. De même les ouvertures de granite murées dans la cave témoignent de l'époque où les habitants vivaient un niveau plus bas (sans doute avant les inondations fameuses de la Loire au XVème siècle). La tour et ses meurtrières constituent le témoignage le plus visible de la façade ouest. Une loggia de bois courait de la tour à la chambre ouest du premier étage.
Au XVIIème siècle fut construite la façade actuelle. Dans la chambre de Charles et dans celle de Marie subsistent deux cheminées de marbre. Sans doute, aussi, le bassin situé au bas de l'ancien potager. Le bassin mesure cent mètres sur quinze mètres. Il est clos par deux banquettes de pierre.
Au XVIIIème siècle (1771) fut consacrée la chapelle. Celle-ci fut bien vite transformée en orangerie. On ne connait pas beaucoup d'autres aménagements susceptibles d'être datés avec précision de cette période.
Au XIXème siècle fut construite l'extension de la ferme en moellons et briques décoratives "à l'italienne". Le modèle de Clisson semble évident. Hypothèse avancée par un représentant de la Direction des Affaires Culturelles: le fronton triangulaire de la grande salle transformée en garage pourrait désigner l'entrée d'un temple franc-maçon. Au début du XIXème siècle vécut et mourut ici Laure Gaigneron de Marolles, née dans le New Jersey. Ses parents avaient financé une partie des expéditions de La Fayette pour sauver leurs possessions américaines. Mais tout ceci n'est qu'hypothèse. L'un des parents de cette Laure fait l'objet de recherches approfondies par les moines de l' abbaye de Solesmes. Ceci dans le cadre d'un procès en béatification. Peut-être à cette occasion découvrira t'on quelques indices permettant de confirmer l'existence d'un lieu de culte maçon à Bois-Briand.


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