En 1405, Geoffroy Resmond est le seigneur de la terre et juridiction du Bois-Briant.
Source: Ernest de Cornulier. Essai sur le dictionnaire des terres et des seigneuries comprises dans l'ancien Comté Nantais.
" ... suivant l'aveu de Geoffroy Resmond vivant seigneur du boisbriand du 28 juin 1405, blottereaux par aveu de Robert de Sesmaisons du 24 août 1415".
Source: Archives départementales de la Loire-Atlantique: B 1905 - registre 1683 . Pages 69, 70 à 74.
Les seigneuries exerçaient le droit de moyenne et basse justice sur leurs terres, étendue de leur juridiction. Fief épiscopal, Doulon dépendait juridiquement des Régataires de l'Evéché, juridiction temporelle qui l'englobait tout entier et s'étendait bien au delà du territoire paroissial, sur Orvault, Carquefou, Mauves, Sainte-Luce. Ces différentes justices attachées à la terre dont elles portaient le nom rendaient sentence pour les causes survenue dans leur ressort. Autour, gravitait tout un monde de notaires, procureurs, greffiers, sergents. Les audiences appelées "allouises" étaient tenues dans les différentes juridictions par un fonctionnaire de la cour pairie des Régaires "alloué" ou fondé de pouvoir, faisant les fonctions de sénéchal auprès d'elles.
Le Bois-Briant avait son greffier en Pierre Morin, notaire des Régaires.
L'an 1670, on interdit au sergent Jean Piau d'exercer pendant six mois ses fonction dans la juridiction du Gué-Robert pour avoir, "en présence de tout le barreau", traité le procureur fiscal de "barbe seiche" et dit qu'il n'était qu'"une bûche et un asne".
Toutes ces juridictions créées pour et par le seigneur ne pouvaient être qu'un instrument de défense de ses droits contre toute vélléité d'indépendance ou d'insoumission. Parmi ces droits il y en avait de purement honorifiques renforçant le prestige acquis, d'autres , vexatoires pour les vassaux, privilèges réservées au seul seigneur. Ainsi, Michel Juchault a droit de pêcheries prohibitives dans le petit ruisseau longeant ses terres depuis le Gué-aux-chèvres jusqu'à la Roussaye (1606).
Il s'y couraient les jeux de quintaine. Les nouveaux mariés de la paroisse et leurs épouses devaient satisfaire à ce devoir. On établissait alors la liste nominative de ceux qui devaient "la feillée, table granye et treteaux, bouge couvert d'un tapiz", planter l'écusson, fournir le fer des lances et l'argent pour l'éperon, comme il arriva en 1651 et 1655.
Le jour choisi, les mariés s'assemblaient dans la Noë aux Garreaux, lieu accoutumé pour y faire leur devoir qui consistait pour chacun d'eux à courir et rompre leurs lances contre l'écusson des armoiries du seigneur. Les épousées, elles, devaient y dire et chanter chacune sa chanson, donner le baiser au seigneur et faire les autres redevances sous peine d'amende.
En 1537, elles pouvaient chanter "En m'en revenant de Saint-Gilles, de Saint-Jacques en Galice", "La rosée du moys de may a soillé ma verte cotte" ou bien "Dictez-moy si vous m'attendez ou si m'tendrez mye".
En 1651 leurs chansons étaient "Comme j'estoye cheix mon père, petitte en sa maizon", "Les femmes sont sottes d'endurer de leur mary".
Sources: Edmond Héry, sous-archiviste, Annales de Nantes N°141 - XLIV - 1966
