Dans notre département de la
Loire-Atlantique et la région des Pays de la Loire, des centaines d’ouvriers
et d’artisans travaillent au sauvetage de nos maisons. Nombre d’entre eux ont
appris leur métier sur ces chantiers.
Nous sommes toujours émus en voyant
arriver les apprentis à qui l’on confie, chez nous, les premières
responsabilités : la restauration d’un mur, la réfection d’un enduit, celle
d’huisseries ou de ferronneries. Nous sommes totalement solidaires, d’un point
de vue économique et culturel, de ces entreprises et de leur personnel.
Nombre de propriétaires n’ont pas de
moyens d’existence suffisants pour assurer, à la fois, « l’ordinaire » de leur
famille et le « maintien en conditions opérationnelles » de leur maison.
L’ouverture de celle-ci au public
constitue, pour certains, une réponse économique mais tous nos adhérents ne
bénéficient pas d’une situation géographique favorable, d’un monument
spectaculaire. Cette ouverture constitue donc, plutôt, le moyen de maintenir
accessible un symbole qui appartient à tous.
Nous prenons très à cœur cette responsabilité sociale.
Nos maisons nous
survivent ; en tant que sanctuaire des valeurs sociales, elles transcendent les
crises que traverse chaque génération. Nous ne sommes jamais plus heureux que lorsque nous
accueillons, souvent à l’improviste, les pensionnaires de la maison de retraite
ou des personnes âgées du village voisin. Elles viennent se retrouver dans le
potager de leur enfance. Le même abri de jardin, « protégé », sert de rendez-vous aux habitants du lotissement voisin qui
viennent chercher, là, les conseils d’un vieux jardinier. Tous nos visiteurs
trouvent dans ces sanctuaires que nous protégeons, un refuge à l’idée de nation,
de solidarité et d’esprit français.
Le manoir est un lieu de formation, de maintien des traditions de métiers du bâtiment, lieu d’échanges sociaux, symbole de l’unité nationale, à l’échelle d’un quartier, d’une commune.
Ces hommes et ces femmes qui assurent l'entretien de la propriété revivent en poussant les grilles de la maison, en allant chercher les œufs dans le poulailler, en prenant, inconsciemment, la mesure de leur responsabilité face à l’exigence des soins d’une telle maison.
Nous nous sentons, investis de la conscience, silencieuse et constante, d'une responsabilité, léguée par qui nous précèdent. Nous partageons, avec chacun de nos visiteurs, la vision d’un patrimoine privé, fondement symbolique et vivant de la nation.
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