Avec Solène, directrice de l'orchestre de la Rotonde nous avons décidé d'organiser une série de concerts en restituant l'ambiance du Nantes du début du XIXème siècle.
En nous inspirant de la correspondance échangée par l'ancienne propriétaire du château de Bois-Briand à cette époque, musicienne et aquarelliste, nous allons reconstituer l'athmosphère des rencontres artistiques de la Société Nantaise de cette époque.
Laure Gaigneron de Marolles acheté Bois-Briand en 1825 et y décéda en 1829. Elle est inhumée dans le cimetière de Toutes-Aides. Sur cette tombe, cette épitaphe: "Née à Elisabethtown, Amérique Septentrionale.... elle fut aimée de tous ceux qui la connurent.
L'une des passions de Laure est la musique. Elle joue de la harpe et prend des cours d'harmonie. Pierre Rebeyrol est son maître. Premier prix de clarinette au Conservatoire de Paris en 1820 il était lui-même élève de Reicha, compositeur de symphonies et d'oeuvres plus légères, quatuors et quintets. "Monsieur Walsh m'a porté ses boléros qui sont fort jolis. Je suis occupée aujourd'hui à les copier et à essayer de comprendre les paroles moyennant le dictionnaire de papa et leurs rapports avec l'italien".
Laure s'est mise à chanter en 1821 sous la direction de Mademoiselle
Petit. Elle chante cette année là une romance dans une traduction de la
"dame du lac" de Walter Scott.
Elle assiste au concert. "Il faut que je vous parle de Madame Orfila... car non ne parle pas d'autre chose, écrit Laure à son amie Anna de Chasteigner en 1821. Son mari a une basse taille superbe et chante parfaitement l'italien. Ils sont tous les deux très complaisants. Nous les avons entendus deux fois chez les Mosneron qui en étaient transportés. La voix de Madame Orfila est comme la clarinette la plus douce. Elle chate parfaitement les airs les plus difficiles de l'Opéra de Rossini".
Chez les Mosneron (Nous pensons que le lieu de ce concert est l'appartement du rez-de-chaussée du 3, rue Gresset, à Nantes. Nous avons vécu dans cet appartement au moment du décès de la Baronne Simone Monesron Dupin. Cet appartement nous était loué par les enfants de Madame Mosneron Dupin).
Laure raconte ainsi un concert donné dans l'appartement des Mosneron: "le chanteur Nourrit vient de faire les délices de Nantes. Quoique je l'eusse souvent entendu à Paris, j'étais désolée de ne pouvoir l'entendre encore. Nous venions de prendre le deuil pour un oncle de papa, le Chevalier de Montespin qui vient de mourir à la Martinique. Nous ne le connaissions pas et il y avait 18 ans que papa ne l'avait vu mais comme toute notre famille ici lui était fort attachée nous tenions à porter notre deuil. Je savais que Nourrit devait chanter chez Monsieur Mosneron (3 rue Gresset? l'immeuble est terminé en 1802). Je vous assure que c'était un crève-coeur pour moi. Enfin, il est venu nous prier à sa soirée et voulait me faire chanter et accompagner la scène d'Orphée. Ceci m'aurait ôté bien vite le plaisir d'y être. Je vous demande ce que c'est de chanter dans un salon où presque tout le monde vous est étranger. Maman ayant refusé positivement, Monsieur Mosneron fut assez aimable pour nous proposer un amendement auquel il n'y avait rien à redire. On nous a placé dans une chambre ouvrant sur le salon d'où nous avons tout vu et tout entendu sans qu'on s'en doute".
c'est toujoursb aussi déroutant de parcouri ton blog :)
Posted by: m.bark | 12/12/2008 at 19:09