Témoignage recueilli auprès d'une visiteuse à Pâques 2001. Cette charmante dame appartient à la famille des anciens propriétaires. Conduite par des amis communs, elle nous raconte ses souvenirs de la maison: "Lorsque j'étais petite fille, mon grand-père nous recevait tout l'été
ici.
C'était voici 60 ans. A la fin de l'été on amenait la carriole à
cheval et on la remplissait de tous nos effets. Cela prenait toute la
place. Un vrai déménagement. Nous regagnions Nantes. Mon père, qui
habitait Saint-Donatien, venait à pied à Bois-Briand. En 1943, au
moment des bombardements, toute la famille est venue se réfugier à
Bois-Briand. Dès qu'il y avait une alerte nous nous cachions à la cave.
Nous allions chercher de l'eau au puits en passant par la porte du mur.
La serre était installée face au sud. Devant deux parterres de fleurs
(cour d'honneur actuelle). Mon grand-père et l'oncle E.. adoraient
les fleurs. Nous avons vécu dans les communs. Je me souviens bien de la
cheminée, des toilettes à deux sièges. On tuait le cochon dans la pièce
où se trouve la grande bassine. Les hommes se placaient dehors sur de
grandes tables pour tout préparer. J'étais petite et j'adorais aller
voir les vaches qui se trouvaient dans l'étable face aux logements des
communs. Cette étable démarrait en face de l'endroit où l'on tuait le
cochon. Je vois que les roses sont toujours là. Elles étaient
magnifiques.
A l'arrière, il y avait un immense verger. Nous avions le
droit de ramasser tous les fruits tombés. Mais uniquement ceux qui
étaient tombés. Il y avait surtout des pêches, des prunes et des
poires. Les arbres étaient alignés le long de grandes allées. Ces
arbres donnaient énormément. Lorsque l'oncle E... nous a dit qu'il
ne pouvait plus financer la réfection des lucarnes de toît, nous avons
souhaité nous cotiser dans la famille pour l'aider à garder ces belles
fenêtres sur la façade. Mes parents dormaient parfois dans la grande
chambre du centre et je dormais avec eux dans la petite chambre à côté.
Du côté de ma mère, nous descendions de Charles Le Roux, le peintre ami
de Corot. Nous avions énormément de tableaux qui étaient installés dans
l'Orangerie de Bois-Briand. C'était une véritable galerie de peinture.
Nous avions aussi beaucoup de tableaux dans les greniers de
Bois-Briand. J'adorais cette orangerie quand j'étais petite. Vous ne
pouvez pas savoir l'heureux effet de cette belle pièce sur une petite
fille. Je revois encore l'oncle E.. biner le potager. Il disait
toujours: "un bon binage vaut deux arrosages". La doublure des murs du
rez-de-chaussée a été entreprise par l'oncle E.. pour mieux
chauffer la maison.
Dans le salon nous nous installions pour jouer au
bridge. Les garçons jouaient au tric-trac sur une table placée devant
la fenêtre ouest. Mon père était toujours à sa table face à la
cheminée. Il y avait un grand salon rouge composé de 21 pièces, je
crois. Il était en style Louis-XV et tapissé de rouge. L'oncle
célibataire habitait dans la petite pièce en haut, au nord. Cette
maison était pleine de vie. Au moment de se mettre à table, nous
partions en procession derrière mon père depuis le salon. Nous avions
un office à l'emplacement de votre lingerie. Quand nous montions dans
les chambres nous agitions toujours la petite cloche de l'escalier.
Dans le jardin nous adorions jouer dans les bosquets. Particulièrement
dans la clairière située à gauche de la grille. On a toujours parlé du
trésor de Bois-Briand. L'avez-vous trouvé"?
Madame de C..., visite à Bois-Briand le lundi de Pâques 16 avril 2001.




